jeudi 15 juillet 2010

Le jugement, la justification et le dédouanement

Je suis en ce moment, en stage de Yoga dans les Cévennes, il fait beau, c'est beau et je suis bien!

Aujourd’hui, nous avons parlé du jugement que nous pouvons poser sur les autres. J’ai apporté l’exemple d’un ami avec qui je me promenais en ville, il y a de cela quelques années, qui en 1 heure à vu au moins 9 gais se promener. Il ne cessait de juger les hommes par leur apparence et dès qu’il était un peu habillé différemment (à ces yeux à lui) c’était certainement un gai ! Au bout de cette heure, j’en ai eu ras le ponpon et je me rappelle lui avoir dit, qu’il n’y avait pas des gais partout et que même s’il y en avait, qu’est-ce que ça changeait à sa vie ? Le jugement et la critique font partie de l’être humain et ils sont en nous, qu’on le veuille ou non ! Je pense que si nous sommes critiques envers les autres ou que nous les jugeons dès la première impression, il faut peut-être se poser la question, qu’est-ce qu’il y a chez cette personne qui me dérange à ce point et qui ne dérange peut-être pas quelqu’un d’autre ? Pourquoi cela me dérange ? Pourquoi ai-je le besoin de tout de suite poser un jugement ? Est-ce que je peux contenir ce jugement sans forcément avoir le besoin de l’exprimer ? Je connais des gens qui ont la critique facile et je pense que je suis aussi parfois un peu comme cela, mais que je me suis assagit avec le temps. Mais sincèrement : Qui sommes-nous pour dire que telle personne ou telle autre fait bien ou pas d’agir ainsi ? Comment puis-je savoir , en reprenant mon exemple, si cette personne est gaie ou pas ? Hé !!!!.... ON N’EN SAIT RIEN !!!! Rien de rien du tout !!! Donc arrêtons de penser que les gens sont comme nous et que nous savons tout ! On n’en sait rien c’est tout ! Je pense que si vous saviez tout des gens, leur passé, leur histoire, leur vécu, leurs rêves, etc. On les critiquerait sûrement moins. Et penser aussi que vous n’aimeriez pas que les gens pensent ou disent des choses sur vous qui seraient fausses. Ne faites pas aux autres ce que vous ne vous souhaitez pas à vous-même. Voilà une voie qui me paraît plus sage.

La Justification et le dédouanement

L’être humain est jugeant, mais il cherche aussi toujours à se justifier ou à se dédouaner. Exemple : Justification : Veux tu des tomates ? Non merci, en fait ce n’est pas que j’aime pas ça, c’est que je n’ai pas très faim. Dédouanement : Ce n’est pas ma faute, c’est la faute de l’autre, je lui avais pourtant dit, mais elle ne l’a pas fait .

Pourquoi devons-nous toujours justifier nos actions ? Avoir une bonne réponse à tout ? Si nous ne pouvons pas justifier nos actes, nous sommes considérés comme des gens bizarres. Mais est-ce vraiment possible de tout justifier et d’avoir la bonne réponse à tout ? Moi, je dis que non et que c’est d’autant plus, pas forcément nécessaire ni utile !

Mais nous nous justifions parce que depuis tout petit on nous apprend à le faire, Pourquoi as-tu dis ça à ton professeur ? Pourquoi as-tu renversé ton verre de jus ? Pourquoi tu n’aimes pas les brocolis ? etc, etc, etc. c’est quelque chose qui reste ancré au fin fond de nous et parfois on se justifie sans même que la personne nous le demande. C’est comme ce petit enfant qui reste à l’intérieur de nous qui a peur de se faire disputer s’il n’a pas une Bonne Raison à ces actes et ces gestes. Pourquoi tu n’aimes pas les brocolis ? Heu… parce que j’aime pas ça c’est tout ! Non mais vraiment, pourquoi ? Heille c’est important de savoir pourquoi !!! ça change tout de savoir Pourquoi… ça ne change rien du tout et il a le droit de ne pas aimer ça.

Mais une grande question que je me suis posée, c’est pourquoi il y a des gens avec qui il n’y a pas cette dynamique de justification et d’autres avec qui la justification fait immanquablement partie intégrale de la dynamique ? Je sais très bien qu’avec certaines personnes, je passe mon temps à me justifier et avec d’autres non ? Pourquoi ?

On en est venu à une ‘’conclusion’’ que cela dépendait de l’alchimie avec l’autre. Avec certaines personnes, il y a justification car il n’y a pas l’acceptation de l’autre et s’il y a une acceptation mutuelle des 2 parties, il n’y a donc pas besoin de se justifier ! Wow j’ai appris quelque chose et tout d’un coup ça explique pas mal de choses ! Je dirais que l’alchimie et la confiance font que la justification n’a pas lieu d’être, si nous acceptons l’autre tel qu’il est, il ne se sentira pas dans l’obligation de se justifier et de faire valoir son point de vue pour avoir notre reconnaissance et notre acceptation et vice versa.

Et en même temps, je rajouterai à cela que la justification n’est pas toujours nécessaire, que nous fassions bien ce que nous pensons être juste, si nous jugeons les autres sur ce qu’ils font ou comment ils le font, parce que nous nous ne l’aurions pas fait ainsi, nous portons un jugement et forcément cela amène l’autre à se justifier pour quelque chose qu’il pense juste et qui l’est peut-être ? Accepter l’autre, c’est accepter qu’il est différent de nous et qu’il n’a pas besoin de se justifier pour tout, surtout pour les banalités de la vie !

Je pense qu’il n’y a pas forcément de bonne raison à tout, il y a parfois des événements qui nous conduisent à faire des actions auxquelles la justification n’a pas lieu d’être car, nous ne connaissons même pas la ou les raisons qui nous poussent à les faire. Vraiment, je pense que l’humilité c’est de dire : ‘’je ne sais pas pourquoi je le fais, mais je me sens bien de le faire et j’essaye, c’est tout !’’ Je ne connais pas tout et je ne veux pas tout connaître, juste suivre le chemin est bien suffisant, sans chercher à tout expliquer !

‘’Je suis une élève de la vie ! Je ne connais rien et j’essaye.’’

- Moi-même

lundi 5 juillet 2010

I-5 vrittayah pancatayyah klistâklistâh

vrittayah: les activités du psychique, agitation du mental
pancatayyah: de cinq sortes
klistâ: souffrante, douloureuse
âklistâh: non souffrante, non douloureuse

Douloureuses ou non, les agitations du mental sont de cinq sortes

Patanjali classe le mode de fonctionnement du mental en 5 catégories.
Toutes ses activités du mental ne sont ni bonnes ni mauvaises, cela va dépendre de comment la personne va les vivre et des circonstances.

Le principal but du Yoga est de diminuer la souffrance intérieure et le mental est étroitement relié à cette souffrance. ''Il est comme une rivière qui pourrait s'écouler dans 2 directions: celle du malheur et celle du bonheur.1''

Donc le mental peut nous rapprocher ou nous éloigner de l'état de yoga (l'état de paix intérieure, la voix juste). Est-ce que je suis la bonne voie qui me mène au bonheur ou est-ce que je suis la voie qui m'éloigne du bonheur? Nous savons tous ce qui est bon pour nous, mais faisons-nous ce qu'il faut pour? Si je crois en quelque chose, est-ce que j'utilise mon mental pour écouter et me rapprocher de ma voie ou pour m'en écarter? C'est un peu le petit diable et l'ange qui bavardent dans nos têtes.


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1. Miroir de soi , B. Bouanchaud, Saint-Raphaël, 2007.

I-4 Vrittisârûpyam itaratra

vritti: activité psychique, fluctuations du mental
sârûpyam: identification
itaratra: autrement

Autrement, il y a identification de l'activité psychique, des fluctuations du mental.


Autrement, si nous ne sommes pas établi dans notre centre (notre Soi), il y a l'identification de notre activité psychique. C'est l'état ordinaire de l'esprit qui vagabonde d'une idée à l'autre. Il est influencé par l'extérieur (les évènements, les situations, le temps, etc.) et par l'intermédiaire des sens. Ces activités sont essentiellement instables, ce qui perturbe l'ancrage à notre centre profond.

Nous dramatisons souvent les évènements extérieurs au lieu de les voir tels qu'ils sont. Au lieu de les prendre comme des défis à relever ou comme un apprentissage de la vie, nous les voyons comme d'immenses montagnes à gravir et parfois il nous entraine dans un drame de vie et une victimisation de notre personne, bref une souffrance. Nous pensons que les autres sont plus heureux que nous, etc. Mais je vous assure, il n'en ai rien!

Les éléments extérieurs ne perturbent pas notre centre, mais notre esprit. L'esprit tente toujours d'avoir plus et mieux (une meilleure profession, une autre maison, ou au autre pays!) Quand je serai partie loin de tout, je serai heureuse. Tout ça au lieu de se dire que nous pouvons vivre pleinement là où l'on est tel que l'on est!